Tout un monde sous nos pieds

PAGE 1 : Le sol un écosys­tème complexe et hété­ro­gène

On pour­rait croire que le sol est simple­ment la surface de l’écorce terrestre, une masse de terre servant de support à la vie aérienne. En réalité, c’est tout un monde sous nos pieds !

D’une épais­seur de quelques centi­mètres à quelques mètres, le sol est un mélange de matière miné­rale (issue des roches) et de matière orga­nique (issue des êtres vivants) inti­me­ment liées entre elles et orga­ni­sées de façon très complexe. La diver­sité des formes, des tailles et de l’agen­ce­ment des éléments qui le compose en fait un univers laby­rin­thique, infi­ni­ment frag­menté. Dans ses innom­brables anfrac­tuo­si­tés, les inter­stices sont occu­pés par de l’eau, de l’air et une multi­tude d’êtres vivants qui assurent la bonne santé des sols.

Comment les sols naissent ?

Il existe 3 grands méca­nismes dans la forma­tion d’un sol :

1 L’al­té­ra­tion de la roche mère 

Le sol naît à partir d’une roche mère, la matière première miné­rale, qui se dégrade sous l’ac­tion des éléments clima­tiques (gel, pluie, vent) et des orga­nismes pion­niers (bacté­ries, lichens, mousses..). Lente­ment, elle se réduit en fines parti­cules solides (sables, limons, argiles) et libère des sels miné­raux qui favo­risent l’im­plan­ta­tion d’autres espèces végé­tales. A ce stade le sol est encore très jeune et pauvre en matière orga­nique.

2 L’en­ri­chis­se­ment en la matière orga­nique : 

Si le relief et les condi­tions clima­tiques le permettent, la matière orga­nique prove­nant des plantes et d’ani­maux morts s’ac­cu­mule peu à peu et est décom­po­sée par les microor­ga­nismes et la faune du sol. Elle subit ainsi tout un ensemble de trans­for­ma­tions à l’is­sue desquelles elle n’est plus ou que très peu décom­po­sable : cette matière stabi­li­sée ou “très très morte” est commu­né­ment appe­lée l’hu­mus. 

Les molé­cules d’hu­mus se lient aux argiles pour former une struc­ture appe­lée le complexe argilo-humique. Véri­table alliance entre monde orga­nique et miné­ral, ce complexe assure la cohé­sion des parti­cules du sol entre elles. Il retient aussi l’eau et les sels miné­raux jouant le rôle de garde-manger des éléments essen­tiels à la nutri­tion des plantes.

3 La forma­tion des hori­zons / la migra­tion : 

Au cours du temps le sol s’épais­sit progres­si­ve­ment et les diffé­rents éléments migrent sous l’ac­tion des êtres vivants et de la circu­la­tion de l’eau. Le sol s’or­ga­nise en diffé­rentes couches appe­lées les hori­zons qui se diffé­ren­cient par leur couleur, leur teneur en matière orga­nique, leur texture, struc­ture etc. 

 

On estime que le sol se forme à une vitesse moyenne de 0,05 mm par an. Ainsi, un sol de plusieurs dizaines de centi­mètres néces­site plusieurs siècles pour se former ! 

 

Une grande diver­sité de sols

Selon les types de roche mère, le climat, la végé­ta­tion, les reliefs, les sols acquièrent des proprié­tés qui leur sont spéci­fiques. Ils changent aussi en fonc­tion de leur âge et de l’usage que l’homme en fait. Il existe ainsi une multi­tude de sols diffé­rents ! 

Ils exhibent par exemple une grande variété de couleurs. Du brun au rouge en passant par les gris, vert et jaune, toutes ces nuances sont le reflet de leurs compo­si­tions chimiques. Le noir ou brun foncé indique un sol très riche en matière orga­nique tandis que le rouge ou le jaune indique une forte présence de fer sous sa forme oxydée. Si le sol est régu­liè­re­ment saturé en eau, l’oxy­gène vient à manquer et les orga­nismes du sol utilisent alors celui fixé au fer : le fer ainsi réduit fait prendre au sol des teintes gris-vert. 

Les sols varient en fonc­tion d’un grand nombre d’autres para­mètres le plus souvent très étroi­te­ment reliés entre eux. Certains sont stables et ne se modi­fient que très lente­ment tandis que d’autres peuvent chan­ger très rapi­de­ment avec la météo [insé­rer autres facteurs clés de chan­ge­ment rapide]. Par exemple la texture, c’est-à-dire la propor­tion des parti­cules de sables, limons et argiles, est un para­mètre très stable qui dépend de la nature de la roche mère. Elle déter­mine de nombreuses autres proprié­tés du sol dont sa struc­ture et sa capa­cité à rete­nir l’eau et les nutri­ments. Un sol à domi­nante sableuse retien­dra bien moins d’eau et de nutri­ments qu’un sol plus argi­leux. Si on ne peut pas modi­fier la texture d’un sol, il est en revanche très utile de la connaître pour adap­ter ses pratiques. 


 

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